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Conséquences sur la santé

Le dopage met en danger la santé du dopé. Plusieurs coureurs cyclistes qui ont avoué avoir pris de l'EPO,
ont raconté que leur soigneur les réveillait la nuit pour leur faire faire de l'exercice. L'objectif est d'éviter un
arrêt cardiaque à cause d'un effet secondaire du produit dopant.
      
  

Ce blog est en parallèle avec http://dopage.over-blog.org/ 


3  personne(s) sur ce blog

Témoignages

Dimanche 26 avril 2009 7 26 04 2009 11:55

Suspendue pour 2 ans à propos de dopage depuis le 22
mars 2008, la triathlète autrichienne Lisa Hütthaler a reconnu le 27 mars avoir eu recours à des substances dopantes et a dénoncé ses fournisseurs. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, l’athlète explique les conséquences de sa consommation de produits dopants et a formulé à nouveau de lourds reproches à l’encontre de Stefan Matschiner, son ancien directeur sportif.


Au cours de sa conversation avec les journalistes allemands, Lisa Hütthaler déclare avoir rencontré des troubles de son rythme cardiaque qui ont conduit à une opération du cœur. Pour elle, ces ennuis sont directement la conséquence du dopage auquel elle s’est livrée. J’ai senti que je devenais lentement folle et de plus en plus dans un monde parallèle, et j’ai craqué psychiquement sous la pression, prétend-elle. Après avoir pris de l’EPO pendant 2 ans, de la testostérone et des hormones de croissance, ses épaules se sont élargies. L’athlète a dû se soumettre à des examens fin 2006pour cause de tachycardie, une forme de perturbation du rythme cardiaque, et a finalement subi une opération du cœur. En plus, son métabolisme a été sérieusement endommagé.


Bien que je me nourrisse sainement, à ma manière, ma courbe de poids augmente malgré tout sans dopage et sans cesse, déplore Lisa Hütthaler : mon psychique et mon corps sont détruits ! Son témoignage, après sa confession au ministère public autrichien, a déclenché une vague d’arrestations par la police autrichienne sur le soupçon de commerce deproduits dopants interdits. Andreas Zoubek, ancien directeur adjoint de l’hôpital pour enfants Sainte-Anne de Vienne, lui aurait donné des seringues hypodermiques et de l’EPO. 


L’érythropoïétine (EPO) est une hormone de nature glycoprotéique : une protéine portant un glucide. Cette hormone est un facteur de croissance des précurseurs des globules rouges dans la moelle osseuse. Elle entraîne ainsi une augmentation du nombre de globules rouges dans le sang. Elle provoque un risque d’hypertension artérielle. L’EPO, dont l’administration stimule la production de globules rouges dans le corps, ce qui permet en fonction du dosage à ce dernier de transporter de plus en plus d’oxygène aux cellules des muscles. L’efficacité de l’athlète en est d’autant plus accrue dans l’effort.


C’est depuis les années quatre-vingt que l’EPO peut être fabriqué génétiquement. Il y a maintenant un grand nombre de préparations avec de l’érythropoïétine. Elles doivent être injectés plusieurs fois par semaine en général. Beaucoup de laboratoires pharmaceutiques ont développé des préparations d’EPO, dans lesquelles la molécule naturelle a été modifiée chimiquement, dans le but d’augmenter la compatibilité, l’efficacité et la durée de son effet. Un dérivé d’EPO très efficace est le CERA du groupe pharmaceutique Hoffmann-La Roche. Il ne peut cependant être administré qu’une fois par mois.


Depuis le début de la production industrielle de l’EPO dans les années quatre-vingt, elle est utilisée pour accroître le rendement musculaire. Le comité international olympique (CIO) interdit l’utilisation de l’EPO depuis de nombreuses années. La molécule est décelée dans les urines grâce à des tests. Mais sa révélation devient de plus en plus difficile et longue à produire en raison des dérivés produits à partir de la molécule d’érythropoïétine. Ces nouveaux produits ont les mêmes effets sur l’organismes, à défaut d’être aussi facilement identifiables que la molécule originelle.


Lisa Hütthaler raconte comment elle a essayé avec 50.000 € de corrompre une employée d’un laboratoire situé à Seibersdorf, dans le but de lui administrer ses doses de produit dopant. On lui aurait indiqué qu’il est toujours possible de produire un effet positif à partir d’un échantillon négatif. Encore aujourd’hui, elle se demande pourquoi elle a produit un échantillon positif, alors que ce n’est pas le cas pour d’autres athlètes, au sujet desquels j’ignore toujours s’ils sont dopés, ou pas !

 

Source et date de l'article Lemague.net  25.04.09

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Par Anti dopage - Publié dans : Témoignages
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Lundi 16 mars 2009 1 16 03 2009 12:45


Déjà stigmatisé par son statut de paria, Dwain Chambers lève le voile sur son passé trouble.

Bani à vie des Jeux olympiques, le sprinteur britannique se livre sans vergogne dans une autobiographie à paraître lundi.


L'athlète de 30 ans y fait l'étalage de ses habitudes de dopage, qui débordaient le seul cadre sportif.

Pris dans un cercle vicieux, il a déjà dépensé quelque 30 000 $ en produits dopants dans une seule année. L'origine de ses folles dépenses: des problèmes multiples de dépendance.

« Le jour de Noël, en 2002, je m'injectais de la THG (un stéroïde) dans les toilettes quand j'ai réalisé que j'avais consommé 300 substances différentes dans l'année. Je prenais non seulement de la THG, de l'EPO et du HGH, mais aussi de la testostérone pour m'aider à dormir et réduire mon taux de cholestérol. »

Au plus fort de sa consommation illicite, en 2002, Chambers a réussi 10 contrôles antidopage, en plus d'être sacré champion sur 100 m aux Championnats européens.


S'il a enregistré la meilleure performance de sa carrière (9,87 s) pendant cette période, les effets secondaires de sa vie parallèle ont eu tôt fait de le rattraper, pour finalement nuire à ses performances sportives.

« Propre, mon meilleur temps était de 9,97 s. Un an plus tard, je souffrais d'insomnie, d'anxiété, de crampes et je devais m'assurer de ne pas être victime d'une crise cardiaque. Mes performances en piste étaient inégales, mais je ne voulais pas rater de compétitions pour ne pas éveiller les soupçons. »

Aux Jeux du Commonwealth, à Manchester, toujours en 2002, Chambers a orchestré une mise en scène trompeuse pour justifier son impasse sur la finale du 100 m.

« Après un faux départ, j'ai ressenti une douleur à la cuisse. J'ai quitté la piste en boitant pour ensuite déclarer que j'avais été victime d'un claquage. J'ai menti parce qu'il s'agissait d'une crampe reliée aux effets des stéroïdes. »


Nouveau départ


Chambers nage dans la tourmente depuis 2003. Il avait alors été déclaré positif à la THG pour devenir le premier athlète à être associé au fondateur de BALCO, Victor Conte.

Sa faute lui a valu une suspension de deux ans de sa fédération et une exclusion à vie du rendez-vous olympique. Les performances qu'il avait enregistrées depuis 2002 étaient du coup effacées.

Le principal intéressé a reconnu tardivement ses torts, aveuglé par le spectre de la gloire. Il assure maintenant qu'il est revenu dans le droit chemin.

« J'ai agi de la sorte parce que je voulais être le meilleur au monde, mais je n'y suis pas parvenu. Je n'avais pas besoin de produits dopants, ils m'ont rendu misérable. Depuis un an, je comprends pourquoi les gens souhaitent me voir disparaître de sous les projecteurs. »


Source et date de l'article  Radio-Canada.Ca   03.03.09

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Par Anti dopage - Publié dans : Témoignages
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 01 2009 09:32

Malgré des risques importants sur leur santé, les anabolisants et autres stéroïdes sont utilisés par les sportifs et les bodybuilders. Le témoignage de Dan Clark, mieux connu sous le nom de Nitro dans la série-tv populaire American Gladiators (avec Hulk Hogan notamment), va peut-être faire réfléchir certains.


Un enfer

Dans sa biographie, il reconnaît que la prise de stéroïdes a transformé sa vie en un enfer. Ses pectoraux se sont rapidement développés mais sa vie sexuelle a fait les frais de cette transformation. "J'étais victime de torsion testiculaire et mes rapports sexuels devenaient de plus en plus douloureux", a admis Dan Clark.

Carrière en NFL

Dan Clark (44) a d'abord entamé une carrière sportive comme footballeur américain pour les LA Rams. Ce n'est qu'en 1989 qu'il a participé à la série-tv American Gladiators et ce jusqu'en 1996. Il a alors commencé à utiliser des produits dopants pour améliorer ses performances sportives. Il ne lui aura fallu que 10 petites semaines pour prendre 16 kilos.

"Des seins d'hommes"

"J'avais tellement développé mes pectoraux qu'on aurait dit des seins d'homme", poursuit-il. "J'ai encore honte d'enlever mon t-shirt. Pendant mes rapports, c'était très douloureux. Je devais aussi expliquer à mes partenaires que le dopage avait réduit la taille de mes testicules. Ma vie était devenue un enfer." (chds)

Source et date de l'article  7sur7.be  6.01.2009



Par Anti dopage - Publié dans : Témoignages
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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 10 2008 10:57

Cette histoire est terrible ! Malheureusement elle n'est pas la seule et il faut le savoir !


Jouer au football en Italie n'est pas sans risque! Et l'ombre du dopage plane ostensiblement au dessus de plusieurs morts suspectes dans le championnat italien.

Depuis 1998, un homme enquête sur le dopage dans le Calcio, il s'agit du juge turinois Rafaele Guariniello. Et force est de constater qu'il ne manque pas de travail...
Guariniello a déjà détecté 70 morts suspectes parmi l’ensemble des footballeurs ayant joué depuis le début des années 60 en Italie.
Les diagnostics de ces décès prématurés sont divers : cancers, leucémie, sclérose latérale amyotrophique (SLA)… “Les footballeurs meurent six fois plus de SLA que les autres. Ça ne peut pas être une coïncidence”.

Adriano Lombardi, mort à 62 ans, confiait peu avant de mourir de SLA: « J’ai joué plus de 500 matches, mais aujourd’hui, je suis incapable de me tourner dans mon lit sans l’aide de ma femme ».
Le phénomène commence à inquiéter. Plusieurs veuves ont des doutes sur les traitements qu'ont reçus leurs époux.
De leur côté, les joueurs actuels italiens, avec à leur tête Fabio Cannavaro, le capitaine de Squadra Azzura (pas blanc comme neige avec Parme), commencent eux aussi à se poser des questions.


Pour en savoir plus, rendez-vous sur le dossier morts suspectes en Italie qui  fait le point sur l’hécatombe plus que douteuse qui frappe les footballeurs du Calcio.


Source et date de l'article Les dessous du sport  30.09.08



Par Anti dopage - Publié dans : Témoignages
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Dimanche 31 août 2008 7 31 08 2008 18:38


Les jambes perdues de Bob Hazelton

L'histoire de Bob Hazelton est l'une des plus stupéfiantes qui soient. Ce boxeur américain s'est nourri pendant des années aux anabolisants. De très graves problèmes d'artérite lui ont valu d'être amputé d'une jambe. Puis de l'autre. Et pendant toute cette période, il n'a pas trouvé la force de raccrocher.

Par ce témoignage, on comprend que l'accoutumance aux anabolisants est aussi terrible qu'aux autres drogues. Vous avez été boxeur pendant les années 70. Pourquoi ? Etait-ce par passion ou seulement pour l'argent ? C'était pour le sport. J'ai toujours eu besoin d'action, de contact, de bagarres. Je venais d'un milieu très difficile dans le mauvais quartiers de Philadelphie. J'ai quitté la maison très jeune. Grâce aux "scholarships" en foot et en basket, j'ai pu suivre des études. J'aurais même pu aller à l'université. Mais à ce moment-là, j'ai choisi la boxe. Oh, je ne le regrette pas. J'ai gagné pas mal de fric avec ce sport. Moins que ce que j'aurais pu avoir aujourd'hui, mais enfin, ce n'était pas mal pour l'époque. Puis, j'ai voyagé. J'ai été en Europe, je me suis installé en Floride, etc. C'était des années un peu folles.


Aujourd'hui, je suis plus peinard dans le Minnesota. Quel type de boxeur étiez-vous ? Je n'étais pas un grand champion, mais je ne me défendais pas mal : 26 victoires (dont 25 par K.O.) et seulement 5 défaites. A une époque, j'ai même été classé au onzième rang mondial chez les lourds. J'ai eu des matches intéressants contre Bob Foster ou George Foreman. Vous avez combattu "big george" ? Pendant une minute et 22 secondes très exactement ! Puis, j'ai été mis knock-out. Le match est passé en direct à la télévision. A l'époque, "big george" n'était pas aussi gros qu'aujourd'hui. Mais il faisait tout de même plus de 104 kilos. C'était 21 kilos de plus que moi. D'ailleurs, cela a toujours été mon problème.


Je suis trop maigre pour ma taille : 83 kilos pour 1,98 m. Contre Foreman, cela ne pardonne pas. Vous l'avez revu depuis ? Oui, oui. George est un chouette type. Nous nous sommes encore parlé, il y a quelques années, quand il a repris la boxe... Que s'est-il passé après cette défaite ? Après cette correction, vous voulez dire ? Eh bien, je suis parti pour poursuivre ma carrière en Angleterre. Puis, quand je suis rentré aux Etats-Unis, mon entraîneur m'a proposé de prendre des pilules pour gagner du poids. Il m'a dit qu'il s'agissait de vitamines très fortes. Et vous l'avez cru ? A ce moment-là, oui. Je ne savais rien des stéroides. Et j'étais très jeune. Je lui faisais confiance. Les adultes peuvent faire croire n'importe quoi à des gosses. Et évidemment, moi, je pensais avant tout à ma carrière. Cela vous a fait de l'effet ? Oui. Formidable. J'ai pris 14 kilos de muscle d'un seul coup. Je suis alors entré dans la plus belle période de ma carrière, avec quatorze victoires d'affilée par KO ; notamment en 1978, j'ai mis fin à la carrière de l'ex-champion du monde des mi-lourds, Bob Foster.


Mais tous ces succès, je les dois aux stéroides. Aujourd'hui, évidemment, je me dis qu'il aurait mieux valu que je reste un boxeur médiocre mais que je puisse marcher sur mes deux jambes. Vous avez pris des stéroïdes tout au long de votre carrière ? De plus en plus. Comme les pilules ne suffisaient plus, je suis passé aux injections. Là, évidemment, je savais qu'il ne s'agissait plus de vitamines ! Comment vous procuriez-vous tout cela ? Au début, je recevais des prescriptions de médecins. Plus tard, quand c'est devenu illégal (1982 je crois), je me procurais les produits au marché noir. J'ai dépensé beaucoup d'argent à cela : environ 500 ou 600 dollars par semaine. Je prenais des pilules chaque jour et des injections environ deux ou trois fois par semaine. A l'époque, vous ne subissiez pas de tests anti-dopage ? Oui, mais ils ne décelaient pas les stéroïdes. Même aujourd'hui, d'ailleurs, les tests ne sont pas vraiment au point. C'est pour cela que beaucoup d'athlètes passent à travers les mailles du filet. Combien de temps cela vous a-t-il pris pour réaliser le danger que vous couriez ? Six ans.


Quand j'ai commencé à avoir mal à une de mes jambes, j'ai été voir un médecin. Il m'a demandé si je suivais un traitement. J'ai dit non. Puis, j'ai pensé à toutes les pilules que je prenais. Je lui ai montré les boîtes. Il a fait une tête ! Il m'a dit : "Bob, te rends-tu compte de ce que tu fais ? Tu te fous la santé en l'air". C'était la première fois qu'un médecin me parlait comme cela. Au début, je ne voulais pas le croire. Malheureusement, il avait raison. Les douleurs sont revenues de plus en plus fortes. Et bientôt, je ne pouvais plus vivre normalement. Vous étiez encore boxeur à l'époque ? Non. En 1980, j'avais laissé tombé la boxe et je m'étais mis au body-building. Avec les injections de stéroïdes, je suis monté jusqu'à 145 kilos. Ensuite, j'ai travaillé comme garde du corps pour des groupes de hard rock, comme Van Halen ou Def Leppard. Mais j'ai dû laisser tomber à cause de mes jambes. Vous êtes retourné voir votre médecin ? Oui, le docteur Karl Meisenheimer à Las Vegas. C'est devenu un ami aujourd'hui. C'est le seul qui n'a jamais voulu me donner de stéroïdes. Et ce n'est pas faute d'avoir demandé... Mais pourquoi vouliez-vous encore vous doper alors que votre carrière sportive était terminée et que les douleurs aux jambes vous paralysaient ? J'en étais arrivé au point où je ne voulais plus redevenir mince. J'avais vraiment peur de perdre mes muscles. Ce n'était plus un problème mental. C'est comme une anorexie, mais à l'envers. Vos ressentez le besoin d'être de plus en plus lourd, de plus en plus fort. Il y avait une image de moi, mince, que je ne voulais pas revoir. Les stéroïdes vous apportaient cette confiance ? Oui, j'en avais vraiment besoin pour vivre. sans eux, je me sentais faible, vulnérable. Les stéroïdes guidaient ma vie. Dans un mauvais sens. Alors, j'ai pensé au suicide. J'ai d'ailleurs fait une tentative... J'ai failli réussir. C'était avant l'opération.


Je voulais changer et je n'y arrivais pas. Qu'est-ce qui vous a finalement décidé à abandonner les stéroïdes ? La dernière fois que je me suis fais une injection, c'était en septembre 1987, alors que c'était l'année précédente, en 1986, que suite à des infections répétées et à des problèmes de circulation, j'avais dû être amputé de la jambe gauche ! Quoi ? Même après avoir perdu une jambe, vous continuiez à en prendre ? Oui, aussi incroyable que cette histoire puisse paraître. C'est vrai. Les stéroïdes avaient ruiné ma vie mais je pouvais pas me résoudre à les laisser tomber. Puis, j'ai été amputé de l'autre jambe. Mon système artériel est complètement délabré. Le docteur Meisenheimer me disait que j'avais le coeur usé comme une personne de 80 ans. Il ne m'a jamais caché la vérité, vous voyez. Mais je sais qu'il a raison. A cinquante ans, j'ai déjà eu trois attaques cardiaques. Je ne crois pas que je vivrai très vieux. C'est pourquoi je prends chaque jour comme une bénédiction. Est-ce que cela a été dur de laisser tomber ? Horrible. J'ai tenu deux ans. Mais j'étais irascible. Puis j'ai fait une dépression terrible. Ma vie n'avait plus de sens. J'avais l'impression que l'avenir ne me réservait plus aucune chance de pouvoir être un autre homme. Les stéroïdes c'est vraiment une saloperie... Vous allez aussi parler aux enfants dans les écoles. Mais ils ne doivent pas se sentir vraiment concernés lorsqu'on leur parle de stéroïdes anabolisants... Détrompez-vous. Aux Etats-Unis, il y a des tas de jeunes de 13, 14, 15 ans qui prennent des stéroïdes pour gagner des muscles ! On en trouve très facilement. Je sais qu'en Europe, vous n'êtes pas encore vraiment confronté au problème.


Même ici, peu d'adultes mesurent vraiment l'ampleur du phénomène. Les enfants, eux, savent au contraire très bien de quoi on parle. Et je pense que lorsqu'ils me voient venir avec mes moignons et mon histoire à faire pleurer, cela les fait réfléchir. Quand on me voit, on ne peut pas l'oublier. Et comme ça, je sers à quelque chose. Peu de sportifs acceptent de parler aussi crûment du problème. C'est vrai. Même à la fin de leur carrière, ils refusent de prendre la parole. Ils ont peur d'avouer au public que leurs exploits n'étaient pas seulement dus à leurs qualités propres, mais à la drogue. C'est difficile à dire. Et également difficile à croire pour le public qui les admirait tant. Quel accueil recevez-vous de la part des médias. Les journalistes non plus n'aiment pas aborder le sujet, surtout aux Etats-Unis. Il y a trop de boue à remuer. Quand je parle, cela jette un trouble. Car je connais trop bien le sujet. Je peux distinguer au premier coup d'oeil un athlète qui prend des stéroïdes d'un autre qui n'en prend pas. On rencontre des athlètes gonflés aux anabolisants dans tous les sports. C'est une drogue vraiment dangereuse qui provoque des accès de colère. On devient presque caractériel. Quels sont les champions que vous admirez aujourd'hui ? Aucun. A mon époque, j'admirais Muhammed Ali. Je l'admire d'ailleurs toujours. Pas spécialement pour ce qu'il a fait en boxe, mais simplement parce que c'est quelqu'un de bien. Mais, globalement, je n'ai plus de respect pour le sport aujourd'hui.


Propos recueillis par Gilles Goetghebuer





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